Relativisme et Psychanalyse, Point de vue oppressions 1/X

10 février 2019 1 Par Powi

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Ici on va parler de Psychanalyse et des oppressions qui y sont liées.
Attendez-vous à lire des propos particulièrement Homophobes, Transphobes, Sexistes, Intersexophobes et j’en passe.

Également, dans mes propos, je peux avoir un discours oppressant, que ce soit direct ou par invisibilisation ou autre…
Si tel est le cas, sachez que je reste totalement à l’écoute. Je ne vous demande pas de pédagogie à mon égard, si j’ai besoin de ressources, j’irais les chercher moi-même. A priori, je saurais les trouver.

Encore une dernière mise en garde, je ne relèverai pas toutes les problématiques liées à ce que je cite. Il s’agit d’un très lourd travail… Et ce n’est ici que mon premier article. Cependant, je vous invite, si vous le souhaitez, à compléter en commentaire, en me précisant si vous acceptez ou non que j’édite en conséquence.

N’hésitez pas, par la même occasion, à signaler toute phrase pouvant être source d’incompréhension ou de violence, je ferai de mon mieux pour vous répondre, recevoir vos commentaires et éditer l’article en conséquence.

Intro

Quand on parle de Psychanalyse, quand on la critique, on fait souvent face, en France [Excepté en Argentine, la psychanalyse n’a pas aussi bonne presse à l’étranger où elle est beaucoup plus minoritaire], à une levée de boucliers. Ici (dans cette série) je vais parler du Relativisme comme réaction possible.

Un exemple récent, suite au post d’un ami (auteur sur ce même blog d’ailleurs), nous avons pu en faire les frais. Voici le post en question :

Tweet de Armaruak : Suite à la demande de @_Powi_ j'vais faire ici un petit thread expliquant le problème que pose la psychanalyse dans le soin. Alors certes, je sais que c'est pas le meilleur moyen de se faire des amis, mais un moment il faut parler de ce qui pose réellement problème [A dérouler]
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Dans cet article, je vais parler non pas du problème de rigueur scientifique de la Psychanalyse, mais des problèmes en matière d’oppression qu’elle pose. Pour la rigueur scientifique, je laisse le travail à mon ami Armaruak qui a déjà fait un très bon thread (cliquez sur l’image ^^)

Nous allons ici parler vraiment des problèmes en matière d’oppression que la Psychanalyse pose. Dans ce premier article de la série, nous parlerons surtout des minorités queer. Le postulat de la psychanalyse n’est pas scientifique, mais en plus de ça, il porte gravement préjudice aux minorités. Notamment par l’omniprésence, dans la théorie sexuelle, d’oppression systémiques.

La théorie sexuelle

Avant propos

Alors avant d’écrire cet article, j’ai du me renseigner plus en détail sur la théorie sexuelle, j’ai fait relire une source (la première) à Armaruak qui connaît plus en profondeur les détails de celle-ci. Il m’a confirmé la source. Vous la trouverez en bas.

Bien qu’il s’agisse d’un résumé, le côté imbuvable reste bel et bien présent. Toujours emprunt d’un certain classisme qui permet d’embellir un discours vide de fond. Vraiment… J’ai le même sentiment que quand je lis une étude scientifique écrite en anglais et avec du jargon… Vous savez ces articles souvent imbuvables et qui peuvent paraître incompréhensibles. Généralement en cherchant quelques définitions on arrive à s’en sortir et à retenir les informations pertinentes… Là, en plus de ça, on utilise des mots courants qu’on utilise dans un sens nouveau.

Donc… Il y a des trucs que je ne comprends pas. Pour autant, cet article sera relu, il devrait être exempt de problème d’interprétation de ma part.

La place de la théorie sexuelle dans la psychanalyse

La psychanalyse n’existe pas sans la théorie sexuelle. La théorie sexuelle est vraiment admise par toute personne psychanalyste. Refuser la théorie sexuelle, c’est refuser la psychanalyse.

Pour défendre cette idée de la théorie sexuelle, la psychanalyse repose sur le principe du développement psychosexuel qui repose lui meme sur l’Inconscient. Et ce dernier repose sur… la théorie sexuelle. (cf. Source 2)

Le sexe, c’est quoi ? (selon cette théorie)

Un peu de vocabulaire (jargon) analytique

Objet sexuel = La personne dont émane l’attraction sexuelle

But sexuel = L’acte auquel pousse la pulsion

Par pulsion, nous désignons la représentation psychique d’une source endosomatique de stimulations, s’écoulant de façon continue, par opposition à la stimulation, produite par des excitations sporadiques et externes.

Résumé de la théorie sexuelle (cf Source 1)

Bon… Je vais pas vous laisser avec ça… J’ai rien bité de base, donc on va pas aller loin si je refais pas les définitions x).

Pulsion = Excitation corporelle venant de l’intérieur ≠ Stimulation = Vient de l’extérieur
But sexuel = L’acte sexuel poussé par la pulsion
Objet sexuel = Objectif, but à atteindre… Peut être humain, matériel ou symbolique, voire même partiel,…

Le but sexuel…

Le fait que la perversion ait remplacé le but sexuel normal, au lieu de l’accompagner, est un signe certain de pathologie. (…)

Le but sexuel normal est l’accouplement (…)

Même dans le processus sexuel le plus normal on retrouve les germes d’aberrations dont le développement conduit aux perversions : préliminaires, attouchements, baisers… (…)

Les perversions sont :

  • Des transgressions anatomiques des zones corporelles destinées à l’union sexuelle.
  • Des arrêts aux relations intermédiaires avec l’objet sexuel qui, normalement, doivent vite conduire à l’accouplement
Source 1

Ça veut dire quoi ? Voyons ça en nous appuyant sur l’un des points…

Sans même parler de la vision « particulière » des relations sexuelles, ça pose un soucis plus important : l’exclusion et même la pathologisation des personnes queer !

Vous avez dis « perversion » ?

Vous avez bien entendu « perversion ». Si la psychanalyse est sujette à interprétation (très rigoureux vous noterez…), le terme « perversion » n’existe dans notre langue que pour désigner quelque chose de négatif. Wiktionnaire ?

  1. Changement de bien en mal, dépravation, corruption.
    • J’ignorais leurs malpropretés morales et physiques, leurs tares, leurs perversions de tout ordre qui les souillaient, quelles abominations pouvaient s’y perpétrer et jusqu’où se dégradaient les sentiments les plus sacrés. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
    • […] ce « centre de tri » n’était pas seulement un lieu de tortures pour les Algériens, mais une école de perversion pour les jeunes Français. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • La perversion du goût littéraire.
  2. (Vieilli) Trouble, dérangement.
    • Il y a perversion de l’appétit dans le pica, de la vue dans la diplopie.

Wiktionnaire

On peut aussi consulter le dictionnaire Vocabulaire de la Psychanalyse de Jean Laplanche et J.-B. Pontalis qui parle de « Déviation » par rapport à l’acte sexuel « normal ». Bref… L’homosexualité est perçue comme une déviation, une perversion… Et avec la transidentité, comme une inversion : Source 1 – 1.3.1. Inversion

Inversion

Je vais présumer que vous avez lu ce chapitre dans la source citée.

Je ne vais pas trop m’attarder, je vais surtout traduire dans un niveau de langage plus compréhensible pour toustes.

Les personnes intersexes sont parfois mentionnées comme « hermaphrodites anatomiques » ou parfois comme « bisexuelles biologiques ». Mais à un moment on voit « Le sexe […] dominant dans la personne aurait refoulé dans l’inconscient la représentation psychique du sexe vaincu » (source 2)

Et sinon… Si vous voulez vraiment savoir, Intersexe, c’est quoi ? je vous invite plutôt à lire l’article en lien.

Les « invertis absolus » sont soit des personnes « homo » (selon la psychanalyse) :

  • Personnes CF (Considérées Fille) attirées sexuellement par des personnes CF
  • Personnes CG (Considérées Garçon) attirées sexuellement par des personnes CG.

Évidement, les personnes trans sont mégenrées et considérées dans leur sexe assignées.

Les « invertis amphigènes (hermaphrodites psychosexuels) » sont les personnes « bisexuelles » (selon la psychanalyse) :

  • Personnes CG ou CF attirées sexuellement par des personnes CG ou CF.

Les « invertis occasionnels » sont des personnes dont l’orientation sexuelle est changeante.

Les « homoérotiques de sujet » sont des personnes trans.
Les « homoérotiques d’objet » sont des personnes « homo » (selon la psychanalyse)

Et sinon… Si vous voulez une meilleur définition de ce qu’est une personne trans, je vous invite plutôt à lire le lexique en lien.

Outro

Pour vous laisser le temps d’assimiler cet article, je préfère m’arrêter ici pour la première partie. Évidemment, je prévois une suite !

Dans cet article on a pu voir que le mythe de « non jugement » était bien joli mais qu’il cache une réalité bien plus désagréable…

Dans le prochain, on se ré-attaquera au même extrait (source 1). Il y a vraiment beaucoup à dire dessus.

Également, dans cette série, je prévois de consacrer un article au fameux complexe d’Œdipe… Il y aura à dire.

Crédit

Merci à Armaruak et Sefuja pour les ressources, l’accompagnement, les réponses,… Et le soutien.
Merci également à ElianeL pour l’aide pour les définitions (c’était pas une sinécure !)
Merci à Géraldine, Gally, Mey, Bibiche, Sol, 𝓝𝓪𝓵𝓮𝓻𝓪𝓮 et aux anonymes pour les relectures, les corrections orthographiques, les échanges,… – Les relectures ont pu être faites en début d’écriture d’article, à la fin, avant modifications, après modifications… Bref. Les personnes citées n’ont pas forcément relu/approuvé la version finale.
Merci à toutes les autres personnes que je ne peux pas citer (anonymat, ) pour avoir répondu à toutes mes questions
Merci à toutes les personnes qui m’ont vulgarisé la psychanalyse jusqu’ici.
Merci à toutes les personnes qui m’ont permis d’acquérir les connaissances et les compétences pour écrire cet article.

Merci à toutes les personnes qui m’ont encouragée à écrire cet article. Que ce soit positivement en m’envoyant du soutien, ou que ce soit négativement en défendant la psychanalyse ^^.

Et merci à vous d’avoir lu et à celleux qui me paieront un café décaféiné ♥. Ça m’aidera beaucoup !

CC-By
Article sous Creative Common – Attribution. © Powi & Psyentifique

Sources

  1. Résumé de la théorie sexuelle : https://www.systerofnight.net/religion/html/3_essais_theorie_sexuelle.html
  2. Vocabulaire de la psychanalyse, Jean Laplanche et J.-B. Pontalis